PERMAC Plateforme d'Echanges et de Réemplois des Matériaux de Construction

23/05/2018


PERMAC est une association loi 1901 créée par Frédéric Denise, Brice Canaud, Marie-Cécile Huo et Jean-Pascal Dérumier, dont l’objet est de promouvoir la pratique du réemploi dans la construction. Son rôle est de sensibiliser et former les acteurs du bâtiment à cette pratique émergeante, identifier les ressources locales, en faciliter l’accès et accompagner la démarche.

Grâce à la loi LCAP (article 88) qui institue le « Permis de Faire » il est désormais possible de dépasser certaines contraintes règlementaires qui étaient jusqu’alors des freins importants à la pratique du réemploi. Il s’agît maintenant d’expérimenter, afin de définir concrètement un encadrement.

 

Définition du projet

 

PERMAC est une plateforme collaborative d’échange de produits de déconstruction du bâtiment. Elle est limitée dans un premier temps à un nombre restreint d’acteurs, motivés et formés pour expérimenter la construction avec des matériaux de réemploi.

L’organisation de la plateforme a pour but de lever les freins à la pratique du réemploi. Après une phase d’expérimentation sur un ou plusieurs chantiers pilotes, elle mettra en réseau des chantiers preneurs et des chantiers donneurs, pour que les produits de réemploi aillent quand c’est possible directement de l’un à l’autre, en flux tendu, sans stockage intermédiaire.

 

La plate-forme est un site internet collaboratif, sur lequel tous les acteurs (architectes, entreprises, maître d’ouvrage public) mettent à disposition des autres acteurs une liste de produits pouvant être déposés sur leur chantier de démolition, après diagnostic, pour être réemployés sur d’autres chantiers de construction neuve ou de rénovation.

C’est gratuit et collaboratif. Prend qui veut, sans obligation de réciprocité. Le transfert de propriété, donc le transfert de responsabilité se fait avant la dépose, par un simple formulaire à remplir en ligne entre le donneur et le preneur. Ainsi le produit ne devient pas un déchet, il y a transfert de propriété par don avant dépose.

 

Objectif

L’objectif de la plateforme d’échange est de sortir le réemploi du domaine expérimental et alternatif pour le diffuser largement, en encadrant localement sa pratique.

L’idée est de s’organiser à la base, sur le territoire du Havre, pour mener des projets pilotes, sans attendre que cela vienne d’en haut, de façon contraignante. Plutôt que d’attendre un catalogue et un cadre règlementaire, il s’agît de participer à leur élaboration.

Une opportunité se présente désormais avec la promulgation de la loi LCAP et le « permis de faire » pour lever certains freins règlementaires.

 

Réunir localement des acteurs motivés

La première étape est de réunir un premier cercle d’acteurs locaux, motivés pour le remploi : architectes, bureaux d’études, économistes, entreprises et maîtres d’ouvrage publics. Ce premier cercle expérimental doit représenter un nombre suffisant de chantiers donneurs et preneurs pour assurer si possible un fonctionnement en flux tendu, qui serait la condition optimale.

 

Former les acteurs

Ces acteurs, dans un premier temps en cercle fermé, seront formés à la pratique du réemploi dans tous ces domaines techniques et juridiques : diagnostic, évaluation de l’aptitude à l’usage des produits de réemploi, caractérisation de leurs performances techniques et de leur constance, désassemblage et réassemblage, assurabilité etc… Des spécialistes de la pratique du réemploi telle que l’association Bellastock interviendront à ce stade.

 

 

S’organiser

La mise en réseau des acteurs, et de leurs chantiers donneurs et preneurs, est assurée par un site internet collaboratif. Il s’agit sous une forme simple de référencer tous les chantiers donneurs potentiels, après un diagnostic de réemploi indiquant la nature et les quantités de tous ce qui peut être déposé pour une réutilisation, la période de disponibilité et les modalités d’accès au chantier. Après une date buttoir définie, le bâtiment sera livré à l’entreprise de démolition pour rejoindre les filières traditionnelles de traitement des déchets.

Cette organisation permet de gérer la simultanéité entre la dépose et la repose. En effet les chantiers de démolition sont généralement identifiés plusieurs années à l’avance, ce qui laisse le temps aux architectes d’intégrer les ressources disponibles dans leurs projets.

C’est l’entreprise du chantier preneur qui vient déposer sur le chantier preneur. C’est la même entreprise qui transporte et met en œuvre le produit sur le chantier preneur. Il n’y a ainsi qu’un seul transport. La règle est de déposer proprement. Il ne s’agît pas de « piller » le chantier donneur…

Le fait que ce soit la même entreprise qui dépose et qui repose résout le problème du soin apporté au désassemblage, au conditionnement du produit et son transport, sans entreposage intermédiaire. Cela réduit considérablement les coûts du réemploi en réduisant les opérations (un seul transport, moins de manipulations, de chargement-déchargement, d’entreposage etc…). L’entreprise sait exactement ce à quoi elle doit faire attention au moment de la dépose. Pas de soins inutiles, mais un soin particulier sur les points névralgiques du produit.

 

Coopérer

La plateforme d’échange incite ses membres à coopérer entre eux, elle développe la collégialité et la pluridisciplinarité entre ses membres.

Le collège des architectes est par exemple naturellement appelé à se réunir en workshop pour trouver des idées de réutilisation sur leur futurs projets, en amont de la mise à disposition de chantier donneurs. La collégialité des architectes permet de trouver rapidement un débouché à un produit et de gérer l’improvisabilité des futurs chantiers.

Les premières opérations pilotes pourraient être menées avec l’ensemble du collège.

 

Expérimenter

Au début du processus les acteurs devront être accompagnés par des spécialistes du réemploi comme l’association Bellastock, qui pourra être missionnée sur des opérations plus délicates ou nécessitant une expertise particulière.

 

Diffuser

Après une période d’expérimentation, permettant de corriger les problèmes d’organisations, de logistique et d’usage, l’objectif sera de sortir la pratique du remploi du monde alternatif et de l’expérimental. Un retour sur expérience sera communiqué aux différents partenaires institutionnels (ADEME et Région Normandie). La plateforme d’échange serait alors ouverte à un plus grand nombre d’acteurs et peut être reproduite dans d’autres villes.

 

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